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Ils étaient là pour nous. Cette formule pourrait paraître pompeuse, un brin démagogue, mais pour nous elle traduit une réalité qui échappe tout naturellement à l'esprit de l'étudiant et à fortiori de celui du pensionnaire, privé d'une part de liberté, mais situation ô combien bénéfique pour un certain nombre d'élèves à l'humeur vagabonde.(sic)

Ils étaient là pour nous. Cela recouvre l'ensemble des intervenants, depuis le directeur de l'établissement, les professeurs, les moniteurs et pourquoi pas le personnel de l'administration...et même de l'intendance.

Quels qu'ils soient, ces pages sont consacrées à ceux qui ont laissé leur empreinte par leur engagement au service de la formation des élèves à devenir des adultes responsables.

 

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A la fin de la seconde guerre mondiale, Paul Teisseire, Ingénieur Agricole de l'Institut Agricole d'Algérie ( 35-37) présente le concours de Directeur d'École d'Agriculture.

Reçu, il rejoint le Centre d'Apprentissage Arboricole.

Là, Paul Teisseire va donner toute la mesure de sont talent à enseigner mais aussi à communiquer, à former les praticiens.

De son passage, alors qu'il était élève à l'école d'Agriculture de Philippeville, puis à l'Institut Agricole, il a compris que l'enseignement prodigué aux élèves doit concomitamment servir au    développement des agriculteurs, surtout dans une région d'agriculture familiale aux techniques parfois obsolètes.

Il va réorganiser le Centre, l'agrandir, créer des ateliers, développer des activités agricoles en conformité avec le milieu humain.

Les techniques de séchage des figues et les traitements de désinsectisation sont améliorées.

Il crée une usine expérimentale d'huile d'olive.

Il transmet le savoir-faire de l'école et apporte son concours et ses conseils à l'huilerie de Boghni et aux usines de séchage de figues de Tizi Ouzou et de Bougie- Bejaïa.

Dès son arrivée au Centre, il agrandit le domaine avec 100 hectares d'oliveraie complantés de 1000 oliviers qui vont être restaurés.

 Il fera appel au Service de la Restauration des Sols pour ouvrir des banquettes nécessaires à la rétention des eaux de pluie et lutter contre l'érosion.

Sur le terrain, il fait intervenir l'école dans les conseils aux agriculteurs locaux comme par exemple pour la taille et l'entretien des oliviers de "Forêt de Tineri", sur 1000 hectares et sur des sujets de 100 à 300 ans.

Mai 1950 aux Ouadhias. Paul Teisseire est là au milieu des agriculteurs et des élèves lors d'une démonstration de greffage sur un olivier.

Il développera également des productions de complément comme la magnanerie et le rucher, activités adaptées aux petites exploitations locales et pourvoyeuses de finances bienvenues.

 

 1952 . Les cocons de vers à soie dans la magnanerie de l'école.

 

A gauche, c'est l'extraction du miel des cadres en 1948, à droite un cours d'apiculture en 1953

Les élèves pourront également, en dehors des deux principales spécialités du Centre, aborder l'élevage avec le troupeau de vaches Tarentaises de l'école.

De plus, toujours soucieux de favoriser le développement intellectuel aussi bien pour les élèves que pour la population environnante, Paul Teisseire ouvrira deux centres socioculturels, l'un dans l'enceinte même de l'école, l'autre dans Mechtras.

Toutes ses activités en Kabylie, de 1946 à 1954, sont récompensées par sa promotion au grade d'Ingénieur en Chef d'Agronomie à seulement 32 ans . Ce fut le plus jeune promu de l'époque pour la Métropole, l'Afrique du Nord et des colonies.

Merci Monsieur Teisseire.

 

* Le parcours professionnel de Paul Teisseire est relaté sur ce site  dans les pages  de l'Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie d'Alger, à la même rubrique.

 

 

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