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Marcel Amatruda

 

 

Marcel Amatruda est né à Bône, le 16 janvier 1922, dans une famille où il était de tradition de faire son devoir de français. Son père, grand invalide de guerre (1914-1918) était décoré de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre avec citation. Il avait reçu la médaille Coloniale avec agrafe "Maroc" a la suite de sa participation aux combats contre la dissidence d'Abd el Krim. Sa mère était directrice d'école et entretenait chez tous ses élèves le sens du devoir.

Sorti major de l'École d'Agriculture de Philippeville ( promotion 1939-1942) il continuait des études supérieures agricoles. Celles-ci sont brutalement interrompues, lors du débarquement des troupes alliées en Afrique du Nord, le 8 novembre 1942.

Il est mobilisé immédiatement et rejoint le 3ème Régiment de Spahis Algériens de reconnaissance. Avec la Troisième Division d'Infanterie - la 3ème DIA - il rejoint le Corps Expéditionnaire en Italie et  il participe aux combats meurtriers de Castelforte, d'Aquafondata, du Belvédère, du Garigliano. Après Rome et Sienne, avec son unité il embarque à Tarente pour débarquer le 15 aout 1945 en Provence. Alors que son groupe de reconnaissance de 50 combattants depuis Bizerte réduit à 12 combattants en entrant dans les gorges d'Ollioules, Marcel Amatruda est grièvement blessé. Il sera réformé n°1 et démobilisé.

Il va alors poursuivre une carrière civile très active au Ministère de l'Agriculture. Il devient chef de culture responsable du domaine de 300 ha de l'École d'Agriculture de Philippeville. Il est contraint au bout de quelques années d'abandonner ce poste, en raison de séquelles dues à ses blessures. Il est alors muté à l'École d'Horticulture de Jardin d'essai du Hamma à Alger où il est professeur de floriculture, d'arboriculture fruitière et ornementale.

En 1957, il reprend ses études supérieures. Reçu au concours externe d'Ingénieur des Travaux Agricoles, à l'Agro de Paris, numéro un d'Afrique du Nord, il est nommé directeur du Centre de Formation Professionnelle Agricole de Surcouf, à l'est d'Alger. Il va réussir en quelques années à en faire un établissement modèle, spécialisé en cultures maraîchères.

L'exode dramatique de 1962, l'amène à la direction du Foyer Agricole de Nyons, dans la Drôme, où il effectue le remembrement viticole de Vinsobres. Puis le voilà muté à sa demande en Martinique où il assume en Direction Départementale de l'Agriculture, simultanément, la responsabilité de l'Inspection des Établissements d'Enseignement Agricole dans l'Ile et la gestion administrative de l'ensemble du personnel administratif de la D.D.A.

De retour dans l'Hexagone, en 1968, il est nommé à la D.D.A. du Lot, où il est chargé de l'administration des Groupements de Producteurs. Par la suite il est nommé Divisionnaire, n°5 au Tableau national. Ensuite il rejoint la Martinique pour un second et dernier séjour qu'il effectuera au sein du Service de la Protection des Végétaux dont il sera adjoint au Chef de Circonscription Phytosanitaire Antilles-Guyane.

Marcel Amatruda prend à sa demande la retraite en 1982.

Au cours de son long séjour lotois, il s'occupe pendant de nombreuses années de ses camarades anciens combattants. Revenu dans le Lot, il entame une seconde carrière au service de ses concitoyens. IL préside cinq association, dont la plus importante est l'Association Touristique de la Vallée du Lot et de la route des Vins. Il est élu président de l'Union départementale de médaillés Militaires. Puis pendant douze ans il va assurer les fonction de Commissaire enquêteur, toujours dans le Lot.

Voici l'appréciation portée sur lui par Mr Michel Sapin, préfet du Lot, le 14 septembre 1998, au moment ou Marcel Amatruda va quitter avec son épouse de département pour s'installer auprès de son fils :

Je cite " Son art du dialogue et son souci constant de concilier les divers intérêts ont permis bien souvent de lever des blocages et de trouver des solutions dans les dossiers délicats. Il a contribué au bon déroulement des procédures souvent complexes et à l'aboutissement de dossiers importants pour le département du Lot, notamment dans le cadre du projet de l'autoroute A20. La qualité de son travail et ses qualités humaines étaient appréciées et reconnues de tous ceux avec qui il collaborait."

En 2005 Marcel Amatrude est promu Chevalier de la Légion d'Honneur.

 

texte  et documents transmis par Maurice Di Costanzo EAP.

 

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