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L'Institut Agricole d'Algérie.

 

 

son Histoire

1881. C'est l'année de la fondation de l'école pratique d'agriculture et de viticulture à Rouïba. Le véritable démarrage de l'enseignement agricole en Algérie, dont l'Institut Agricole d'Alger sera l'éminent dispensateur, est amorcé. Les premiers élèves seront accueillis en 1882.

1905. Rouïba est remplacé par l'Ecole d'Agriculture Algérienne à Maison-Carrée, création du Dr L.Trabut et de R.Mares. L'enseignement qui y est donné bénéficie déjà des professeurs en place mais aussi de la contribution  des Ingénieurs Agricoles venus de Métropole dans le cadre de la lutte contre le phylloxéra. En 1914, à sa fermeture en raison des hostilités, l'école aura formé plus de 120 élèves.

1919. La Première Guerre Mondiale vient de s'achever. L'Ecole ouvre à nouveau ses portes sur un avenir prometteur. En effet,  M. Pierre Chervin sous-directeur de l'Agriculture à Alger et ancien directeur de l'Ecole Coloniale de Tunis va réorganiser l'enseignement, relever le niveau du concours d'entrée, créer de nouvelles chaires, agrandir l'internat, construire des laboratoires, faire participer les enseignants à la recherche et à l'expérimentation. Par arrêté du gouverneur général le 28 février 1921, l'Institut Agricole d'Algérie est né (I.A.A.). Tout le mérite en revient à P. Chervin.

1946, la loi promulguée le 22 mai, assimile l'Institut Agricole aux Ecoles Nationales d'Agriculture de Métropole en sanctionnant les études par l'attribution du diplôme d'Ingénieur Agricole. L'Institut devient Ecole Nationale d'Agriculture d'Alger ( E.N.A.A.).

L'enseignement et la recherche accusèrent des progrès remarqués au fur et à mesure du développement des moyens matériels et des connaissances scientifiques et techniques.

En 1961, l'Ecole Nationale d'Agriculture par le décret du 20 juin franchit  un nouveau stade et devient l'Ecole Supérieure Agronomique d'Alger. Désormais elle va délivrer le diplôme d'Ingénieur Agronome.

Alors un essor nouveau semble s'ouvrir.........

Texte tiré de " L'œuvre agricole française en Algérie- L'enseignement agricole en Algérie" A.A.E.E.A.A. Ed Gandini

Mais remontons le temps et voyons pour quelles raisons Rouïba, petite ville à l'est d'Alger a été choisie par le ministre de l'agriculture pour implanter les bâtiments de la première école d'agriculture créée en  Algérie.*

Monsieur Jean-Maurice Di Constanzo, professeur d'Histoire et Géographie s'est attaché à retracer  la genèse de l'école de Rouïba dans son livre "L'émigration allemande et suisse en Algérie de 1830 à 1918" :

" En fait les Suisses deviennent plus nombreux que les Allemands. Indication d'un regain de la migration, on en dénombre environ 3300 entre 1886 et 1896. Par ailleurs, ces migrants semblent plus qualifiés.

Agé de cinquante-quatre ans, Georges-Henri Borgeaud (1826- 1889) dont les ascendants ont fui la France après la révocation de l'édit de Nantes, s'apprête à quitter Lausanne avec sa femme, Elise Lacombe (1826-1908) et ses sept enfants, âgés de quatorze à vingt-deux ans. Nous sommes en 1880. Georges Henri Borgeaud est un notable, ministre des cultes et de l'Education du Canton de Vaud, directeur de l'école industrielle de Lausanne.

Instituteur à 19 ans, il a acquis une solide formation à l'éphémère Institut Agronomique de Versailles (1850-1852) C'est durant ses études qu'il fait connaissance d'Eugène Tisserand. De retour à Lausanne il est maître de botanique provisoire au collège cantonal mais enseigne aussi l'histoire, la géographie et l'instruction civique. En 1855, il devient directeur provisoire de l'Ecole moyenne industrielle et le restera jusqu'en 1879. Des raisons de santé et le soutien d'Eugène Tisserand, collègue de promotion, le décident à tenter une nouvelle vie en Algérie.

C'est Tisserand, devenu depuis sa réouverture en 1876 directeur de l'Institut National Agronomique de Versailles, qui intercède en sa faveur auprès du gouverneur général de l'Algérie, le général Chanzy... Georges-Henri Borgeaud participe activement à la fondation de la première école d'agriculture à Rouïba, à quelques lieues d'Alger... Le plan de Monsieur Tisserand... consiste à confier la direction de la future école à un propriétaire ou fermier qui continuerait à cultiver son domaine  à ses risques périls... Lors de la visite que Georges-Henri Borgeaud fit à la colonie, il prit des informations pour le choix d'un domaine et d'un directeur...C'est alors que la ferme Decaillet , à Rouïba, lui fut indiquée. Il la visite et trouve là les conditions requises: propriété appartenant à un agriculteur habile, offrant toutes les garanties d'instruction et de moralité, il soutient au cours de l'année 1881 la candidature de son compatriote valaisan Jean Nicolas Decaillet.

En 1881,le ministère de l'agriculture et du commerce choisit donc l'exploitation Decaillet, pour fonder une "école pratique d'agriculture et de viticulture" .

Elle ouvre ses portes en février 1882 et accueille cinquante élèves pour un cycle de deux ans. D'excellente réputation, de nombreux élèves de la métropole et de l'étranger viennent étudier et se spécialiser en viticulture.

L'école doit néanmoins fermer en 1905, en raison de l'expiration du contrat avec l'Etat, de l'âge avancé de Jean-Nicolas et d'un bilan financier désastreux pour la famille. En 1905, Jean-Nicolas cède sa propriété à ses huit enfants. Les risques et périls avaient bien été sous-estimés. L'Ecole d'Agriculture Algérienne installée à Maison-Carrée la remplace jusqu'en 1920."

* Documentation  envoyée par Jacques Solari IAA-SAA (59-62)

 UN ANCIEN ÉLÈVE DE ROUÏBA

 

 

 

 
 

Émile COUDOUNEAU

 

Ancien élève de l'E.P.A.V de Rouïba 1893-1895

 

 

Émile Coudouneau est né en 1877 au village d'Oppède le Vieux (Vaucluse) dans une famille de carrier. Les carrières de la région fournissaient une pierre blanche dont s'approvisionnaient Alger et Oran pour la construction d'immeubles.

Le père d'Émile harassé par son métier émigre avec toute la famille en Algérie. La fameuse pierre blanche lui avait sans doute donné l'idée de la suivre. Émile a alors deux ans. Nous le retrouvons quelques années bien plus tard à l'École Pratique d'Agriculture et de Viticulture de Rouïba dont il ressort en 1895, diplômé, la médaille frappée au nom de l'école ci-dessus y faisant foi.

Émile Coudouneau s'installe à Aïn Smara, à 20 kilomètres de Constantine sur la route de Sétif. Il exploitera une ferme en céréaliculture.

Deux générations plus tard, c'est sa petite fille Alberte Coudouneau, épouse de Maurice Di Costanzo  (EAP 49-51) président d'honneur de A.A.E.E.A.A. qui nous donnera l'occasion de rendre un hommage à notre grand Ancien des toutes premières promotions de Rouïba et ainsi, fixer cette époque par l'image.

 

 

 

 

De l'Institut Agricole d'Algérie à l'Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie d'Alger

 

 

 

 
 

*L'Institut Agricole d'Algérie

 

   Sans écarter la période de l'Ecole d'Agriculture Algérienne de 1905 à 1914 qui avait déjà enregistré un franc succès dû aux qualités de ses promoteurs, Messieurs Trabut et Marès, l'enseignement agricole à Maison-Carrée à partir de 1919, sous l'impulsion de Mr Pierre Chervin, va être réorganisé, les disciplines structurées et étoffées.

Tout est à faire dans ce pays qui propose des challenges aux responsables du développement agricole. En réponse Pierre Chervin aura eu le mérite de fixer les bases du concept :

Enseignement - Recherche - Expérimentation.

Ses successeurs, tout en apportant leur compétence et leur clairvoyance, suivront la même voie.

Émile Vivet, éminent professeur de viticulture, Ingénieur Agricole de Montpellier, directeur de l'I.A.A. à qui l'on doit la création du casier viticole de l'Algérie, sous directeur de l'Agriculture à la Direction de l'Economie algérienne, faisant autorité dans ses spécialités, saura élargir l'audience de l'école en dehors de l'Algérie. Il fut un professeur éminemment apprécié de ses élèves.

Marcel Barbut, directeur de l'I.A.A., sous directeur de l'Agriculture, puis Inspecteur Général de    l'Agriculture, eut en charge l'école pendant 16 ans, de 1937 à 1953. Il sut avec méthode et pragmatisme faire évoluer le statut de l'école depuis celui d'Institut jusqu'à celui d'Ecole Nationale d'Agriculture, mettant en place le potentiel nécessaire pour accéder en 1961 à celui d'Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie. Pour franchir chaque étape, il s'efforça de renforcer de moyens performants de l'établissement et de s'entourer d'enseignants compétents et  motivés. Ces derniers se distinguèrent honorablement des leurs spécialités et contribuèrent au renom de l'école, ainsi qu'à l'avancée des progrès de l'agriculture algérienne.

Marcel Deloye prit la suite en octobre 1953 et parachève l'évolution.

 En 1960 l'Institut reprend sa place. Par le décret du 28 juillet 1960 paru au Journal Officiel du 3 août 1960 il est dit:

" L'établissement d'enseignement supérieur agricole situé à Maison-Carrée (Alger) constitue      l'INSTITUT AGRICOLE D'ALGERIE.          

 L'Institut Agricole comprend:

1. - L'École Nationale d'Agriculture d'Alger (E.N.A.A.)

2. - La Section d'Agriculture Africaine, destinée à former les Cadres techniques nécessaires au secteur public  et au secteur privé. ( S.A.A.)

 Monsieur M. Deloye concrétisa l'accession de l'E.N.A.A. au statut d'École Nationale Supérieure d'Agronomie ( E.N.S.A.A.). Il eut enfin à gérer la fin de la présence française avec toutes les difficultés de la conjoncture politico-économique.

**Vue aérienne de l'Institut, avec ses différents bâtiments d'étude et de recherche. Sur la droite ce sont une partie des champs d'expérimentation.

                    ** photo  publiée avec l'autorisation de Bernard Venis du site "alger-roi.fr"

 

*Le laboratoire de zoologie.

 *Le grand internat vu de l'amphi.

                 *photos de Christian Maréchal, président de L'AGRIA

                        **photo provenant du site de Bernard VENI "alger-roi.fr"

Les Diplômes

Le niveau des  diplômes va suivre l'avancée des progrès du pays en matière agricole jusqu'à s'aligner sur les équivalences avec la Métropole.

 - 1882 - 1905 : École pratique d'Agriculture de Rouïba, diplôme de l'école.

 - 1905 - 1920 : École d'Agriculture Algérienne, diplôme de l'école.

 - 1920 - 1946 : Institut Agricole d'Algérie, diplôme de l'Institut Agricole ou diplôme d'Ingénieur               I.A.A. devenu ultérieurement diplôme d'Ingénieur Agricole.( Agri ) *

 - 1946 - 1961 : École Nationale d'Agriculture, diplôme d'Ingénieur Agricole. ( Agri )

 - 1961             : École Nationale Supérieure d'Agronomie, diplôme d'Ingénieur Agronome.( Agro)

* par arrêté ministériel du 14 avril 1961, le titre d'Ingénieur Agricole est attribué aux titulaires de ce diplôme.

                                                             

La documentation est tirée de l'Œuvre agricole française en Algérie, de" Témoignage de Monsieur Marcel Barbut", in" Témoignages pour une École" -rédigés par l'Association AGRIA, des documents aimablement transmis par M. Christian Maréchal, président des AGRIAS, de M. Jacques Solari S.A.A.- I.A.A.( 60-63) et M. Maurice Di Constanzo, EAP- A.A.E.E.A.A.

 

 

IN MEMORIAM

 

Le monument aux Morts de l'ENSAA est l'œuvre de Marcel Damboise. *

 

Le monument aux Morts est inauguré en 1953 par le Gouverneur Général Léonard

Il était érigé dans son écrin de verdure à l'entrée du grand amphithéâtre.

Les élèves et les anciens élèves de l'Institut ont payé un lourd tribu dans les conflits mondiaux qui se sont succédés. Pendant la première guerre mondiale, sur un effectif de 160 élèves de 1905 à 1913, 20 sont tombés au combat.  Pendant la  2ème guerre mondiale, au sein de l'Armée d'Afrique, les élèves pour la plupart officiers auront parmi eux 36 morts dont 10 pour la promotion 41-42. Il faudra encore graver sur la pierre les 40 noms des morts pendant le conflit de 1954-1963.   Au cours de la cérémonie inaugurale de 1953, le général A. Aumerand, ancien élève et ancien président de l'amicale des Agrias, remit la Croix de Guerre à l'école représentée par son directeur Marcel Barbut qui s'exprimât  ainsi : "Elle sera pour nous le symbole de l'ardeur et de la foi avec laquelle, en 1914, en 1939 et en 1942, élèves et anciens de l'École d'Agriculture Algérienne et de I.A.A. ont répondu à l'appel de la patrie".

                           

Sauvé de la pioche par le président de Tinguy avec le concours de l'Armée, le monument aux Morts a rejoint l'école-sœur de Grignon où tous les ans  les anciens élèves rendent hommage à leurs chers disparus.

La documentation est tirée de l'Œuvre agricole française en Algérie, de" Témoignage de Monsieur Marcel Barbut", in" Témoignages pour une École" -rédigés par l'Association AGRIA, des documents aimablement transmis par M. Christian Maréchal, président des AGRIAS, de M. Jacques Solari S.A.A.- I.A.A.( 60-63) et M. Maurice Di Constanzo, EAP- A.A.E.E.A.A. Les photos envoyées par Mr. Maréchal à l'exception de * Edgar Scotti  et ** D. Chappuis S.A.A-I.A.A. 59-62

 

 

 

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