Retour

Avertissement: Les documents qui vont jalonner cette page "remonte-temps" vous sont  présentés au fur et à mesure des révélations de nos archives personnelles, ou de l'Amicale, bien des fois enfouies dans une sédimentation de plus de 45 ans de vie. Aussi vous allez parcourir un "flash back d'un flash back" . Vous voudrez bien nous en pardonner en comprenant que retrouver les constituants éparpillés d'un passé demande de la patience et que nous avons choisi la spontanéité pour vous les proposer. Merci.

 

Première découverte, nous ne pouvons  résister à la publication de l'éditorial du nouveau bulletin de notre Amicale à Sidi Bel Abbès, rédigé par notre directeur du moment, Georges Reutt, en avril 1954.

A cette date l'Amicale subissant un maque d'engouement de la part les anciens élèves, change de Président

 

PREMIER EDITORIAL

SOLIDARITES

Tout homme aime à se souvenir de l'école qui lui a donné son métier et les écoles d'agriculture sont les plus attachantes de toutes.

A la différence d'autres établissements techniques, elles offrent un cadre de vie complet comportant le domaine destiné à l'application des connaissances acquises.

Leurs élèves sont moins nombreux qu'ailleurs et le genre de vie qu'ils mènent à la fois en classe et aux champs les rapproche davantage.

Leurs professeurs ont reçu une formation agricole et ne sont jamais uniquement des enseignants. Ils ont en commun avec leurs élèves le goût et le sens du métier auquel ils se préparent. Pour cette raison sans doute  ils les aiment davantage.

Bref il existe un climat particulier aux écoles d'Agriculture et chaque ancien aime retrouver l'ambiance de" son école".

Les solidarités réelles sont d'ailleurs plus profondément ancrées qu'on ne le pense généralement. Hors de l'établissement les anciens élèves se souviennent avec plaisir de leur école parce qu'elle leur rappelle leurs heures les plus riches de leur adolescence et parce qu'ils lui doivent d'être ce qu'ils sont. Les élèves font la vie de l'école et attendent de celle-ci, comme d'ailleurs de leur anciens, la clé qui leur ouvrira les portes de leur vie d'homme. Les cadres, éléments de continuité, consacrent leur vie à la formation de ceux qui élèves, puis anciens élèves, feront la réputation de l'établissement et celle de ses maîtres.

Notre Ecole Régionale d'Agriculture de Sidi Bel Abbès est donc une communauté dont le rayonnement et la prospérité dépendent de la force des liens unissant ses membres, tout comme la réussite individuelle de ceux-ci peut dépendre le succès de la communauté.

La réunion du 25 avril prochain verra la manifestation de cette solidarité réelle et profonde entre les anciens élèves et les cadres.

Je suis persuadé que nous serons très nombreux et très heureux de nous retrouver.

Les efforts déjà faits en vue de cette réunion sont le gage de succès. L'effort des jeunes qui lancent ce bulletin pour faire plaisir à leurs anciens n'est pas le moins  méritoire ni même chargé de sens.

Georges Reutt.

       Directeur de l'E.R.A

 

 

 

         

On remonte le temps.

 

 11 mars 2007: Georges Mercadal (50-53) vient de retrouver quelques fragments des premiers pas de l'Amicale avec la parution du premier Bulletin de liaison en avril 1954. Il s'agit d'une transcription car l'original est dans un état inexploitable en copie directe.

L'ERA   DES   CHAMPS

-ooOoo-

BULLETIN DE L'ÉCOLE RÉGIONALE D'AGRICULTURE

DE SIDI BEL ABBÈS

 

 

            N°1   Avril 1954

     Sommaire :          

                                  Article de M.G.Reutt

                                  Anciens où êtes-vous

                                  Les Gaîtés de l'École

                                  Problème de la fumure

                                  La discipline à l'École

                                  Le Cinéma à l'École

                                  Le Sport

                                  Généralités sur les excursions locales

- ooOOoo-

       -suit l'éditorial de M. Reutt traité plus haut, puis le mot du président :

ANCIENS OÙ ÊTES-VOUS ?

                         C'est à la suite de discussions nombreuses avec quelques anciens qui nous est venue l'idée d'établir une relation entre les élèves et Anciens élèves de l'École. Cette liaison nous l'avons envisagée comme la majorité des groupements, en vous faisons parvenir un journal dont le but initial est de laisser les élèves en contact permanent avec leurs aînés.

Jusqu'à présent nous nous sommes aperçus qu'il était plus agréable de s'agresser à un ancien de l'École qu'à une personne extérieure. Lorsque nous finissons notre scolarité, il nous reste encore à accomplir notre service militaire et c'est précisément  après cette dernière étape que nous avons besoin d'aide en vue d'une situation ou de conseils; or nous ne pourront profiter de cet avantage qu'en nous tenant en relation avec nos camarades et cela par l'intermédiaire du journal de l'École. Il nous permettra également d'avoir des nouvelles d'un ou plusieurs camarades de promotion et de connaître leurs activités.

                         Le Cercle semble bien placé pour centraliser toutes ces notes, et ensuite vous les faire connaître par son journal, en même temps que la vie de l'École.

                        Tout d'abord nous vous prions d'accorder une certaine indulgence à ce premier essai que nous espérons améliorer par la suite.

                         Cette amélioration nous incombe en grande partie mais nous serions heureux de vous y voir participer en nous donnant vos vues et vos conseils. Nous faisons appel à votre bonne volonté pour contacter d'autres anciens  de l'École et de leur faire connaître notre projet. Ce que nous désirons en premier lieu c'est un recensement de cette grande famille pour nous permettre d'avoir le plus vite possible une base réelle et solide.

                          Depuis un an nous possédons un Cercle distinct des autres bâtiments de l'école. Nous vivons dans une quasi autonomie et nos finances alimentées par le Bal nous permettent d'augmenter le confort qui nous est offert par l'administration. Il est nécessaire de montrer aux yeux d'autrui que nous sommes capables de réaliser une œuvre durable basée principalement sur la donne entente et le dévouement de chacun.

                           Après ce premier contact nous comptons sur votre compréhension et nous espérons que vous saurez nous récompenser en répondant à notre appel. Avec la certitude d'un ralliement important et une réussite proche, je vous donne rendez-vous au prochain Numéro.

                                                                   Le Président du Cercle.                      

 

                                        

 

Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire on vient d'assister au deuxième souffle d'une amicale...la première initiative date d'il y a une bonne dizaine d'années.

C'est en 1946 que la première amicale prend une réalité sur l'initiative d'anciens élèves, Serge Estève (30-32) qui en sera le président , René  Ryckwaert (33-35)qui lui succèdera plus tard et Paul Jund (34-36).

Malgré les efforts du Président Serge Estève et d'Edgar Scotti, l'Amicale ne prend pas corps. Les anciens élèves sont peu enclins à saisir l'intérêt d'une amicale, aussi l'association périclite et les responsables renoncent à poursuivre l'activité  et sont démissionnaires à l'Assemblée de 1954.

C'est sur l'insistance de Mr. Georges Reutt multipliant ses efforts de persuasion qu'un nouveau comité d'administration est enfin formé.

La constitution en est la suivante:

Président d'Honneur: Georges Reutt, directeur de l'école,

Président: René Ryckwaert

Vice-président: Marcel Bouche, responsable Oranie,

Vice-président: Edgar Scotti, responsable de l'Algérois

Vice-président: Bouthéon, responsable Maroc,

Trésoriers: Roger Gandoin et Paul Jund,

Secrétaires chargés du Placement: Marcel Dauphin et Robert Lavigne,

Secrétaire général: Jean Galmard, adjoint Frédérique Pascale.

Assesseurs: Hubert Baron et Paulin Esclapez.

Tel le Sphinx, l'Amicale renaît le 25 avril 1954.

Assemblée générale du 25 avril 1955. de gàd: Mr. Vialas, Directeur de l'Agriculture au Gouvernement Général de l' Algérie; Mr Broc, Directeur des Associations agricoles de Sidi Bel Abbès; Mr. Thiedey, professeur d'Économie, avocat, Ingénieu IAA; Mr Raoux, Président des Associations agricoles de Sidi Bel Abbès; Mr Reutt, Directeur de l'école; Mr. Émerat, Agriculteur-Éleveur, Ingénieur IAA, Président de C.E.T.A.Mr. Marc Julien, professeur; Mr. A. Grosrenaud, Conseiller agricole de l'Arrondissement.

Le président René Ryckwaert a la parole.

Repas en commun dans le réfectoire de l'école. Sur la droite, contre le mur de dàg le professeur d'Arabe M.Boudriah et M.Cuissance, professeur de Mathématique.  

1957, le 18 mai, à la demande de René Ryckwaert, Le Bureau est remanié et Roger Gandoin (30-32) devient Président.

 Assemblée générale de 1960
devant : L. Fleck, J. Galmard, ?, Gauthier, ?? à l'arrière : Cauquil-Bru Prof de français, M. Bagur, L. Rioche, J. Bernard-Brunet, Piémontaise, Y. Couranjou.

 

Assemblée générale de l'Amicale en 1961

 Les déjà Anciens,  Omar Benhamiche, J. Bernard-Brunet et Poulin.

 

 

 Assemblée Générale de l'Amicale, 21 mai 1961 - Sidi Bel Abbès

De gauche à droite: M. A. Grosrenaud  directeur de l'école; M. Imbaud, directeur général adjoint de la Vulgarisation et du Progrès agricole en Métropole; M. Griessinger, directeur de l'Enseignement agricole à la Délégation générale; M. Uhlen, Inspecteur général de l'Agriculture; M. Roger Gandoin, président de l'Amicale.

Le dernier Bureau de l'Amicale en 1961.

Président : Roger Gandoin

Vice-présidents: Marcel Bouche et Léo Chanfreau

Secrétaire général: Jean Galmard, adjoint  Bernard Faure

Trésorier: Paul Jund

Service de Placement: Loyck Rioche, J. Bernard-Brunet

Secrétaire de Liaison: Hocine Bou Bekkeur

 

                                                   

Nous arrivons à la dernière étape. Avec le vent de l'Histoire, l'esprit de l'Amicale vole en éclat, les espoirs d'avenir s'effondrent dans un effroyable tumulte.

1962. C'est le Grand Dérangement pour emprunter le terme à "Pélagie la charrette" d'Antonine Maillet.

Et nous voilà, pour beaucoup, en "Terra Incognita". Si l'esprit est encore plein d'orages, il est tendu résolument vers l'avenir, décidé fermement à relever le défi.

Jean Galmard (46-48) après sa nomination à l'École d'Agriculture de Fontaine va reprendre le flambeau des précédents président de l'Amicale de l'ERA.  Il s'investit courageusement dans l'objectif qu'il s'est fixé : reconstruire l'Amicale, renouer les liens entre les anciens élèves qu'il sait être en peine dans une installation difficile, rétablir l'entre-aide nécessaire pour retrouver un travail. Nous sommes quelques uns à échanger des courriers et concentrons nos informations vers Jean. La Revue Techniques Agricoles, organe de l'Association des Techniciens agricoles nous viendra en aide avec beaucoup de sollicitude et de compréhension.

Voici quelques extraits des premiers bulletins de liaison qu'il adressera à partir 1963 à ses condisciples :

 

et

 

et alors que Jean à rejoint le Lycée agricole de Beaune - (21)

 

La généreuse tentative de reconstitution de l'Amicale va durée quelques temps puis face au nombre restreint d'adhérents, les bonnes volontés vont s'user et l'association sera dans l'obligation de cesser son activité. Nous sommes aux environs de 1967.

Les raisons majeures de cet échec sont la  dispersion des anciens élèves sur l'ensemble du territoire, et surtout l'urgence dans laquelle nous étions pour chacun d'entre nous, préoccupé par sa réinstallation,  son insertion dans un milieu pas toujours accueillant et la sauvegarde des liens familiaux. Il faut reconnaître aussi que nous avions l'ardent désir de réussir dans nos activités pour montrer notre capacité et que, nos relations avec les décideurs étaient trop récentes pour pouvoir apporter une aide efficace à nos condisciples, comme le faisaient les amicales d'anciens élèves des écoles métropolitaines.

Quelques années plus tard, le feu ne s'était pas éteint et c'est sur l'initiative de Georges Mercadal (50-53) que l'Amicale va revivre, mais cette fois-ci avec vigueur. Les motivations se libéreront. L'Amicale va dépasser le cadre de notre école et l'ensemble des écoles d'agriculture d'Algérie sera invité à constituer la grande amicale que nous vivons aujourd'hui. Et nous le vivons aussi intensément que nous avons la lucidité d'avoir intégré le fait que nous sommes les derniers témoins de l'œuvre de nos aînés restés pour la plupart LÀ-BAS, mêlés à la terre qu'ils ont travaillé et où personne de pourra les déloger

Il n'empêche que nous considérons Jean Galmard  comme le précurseur de l'Amicale telle qu'elle existe aujourd'hui et qui sait ? peut être sans lui elle n'aurait pas été remise sur les rails. Aujourd'hui elle a dépassée ses 31 ans, et elle a encore quelques années à vivre, si nous lui prêtons vie.

Jean Galmard

 

*documentations Archives de l'Amicale de Sidi bel Abbès, G. Mercadal et M. Simonet.

 

Retour